Accueil Ecrits Vers un Tourisme éco responsable en Tarentaise-Vanoise ?
Vers un Tourisme éco responsable en Tarentaise-Vanoise ?

Le ski génére de grosses plus values ... mais pour combien de temps encore ?Le CLD, Conseil Local de Développement, est l'instance consultative de l'APTV. Ses réunions, qui se déroulent tout le territoire, sont ouvertes à tous et chaque citoyen peut y participer, recueillir les informations distillés par des intervenants de qualité ou donner son avis sur des sujets divers.
Le 22 mars, la salle des fêtes de Villette réunissait une quarantaine de personnes qui s'interrogeaient sur la possibilité d'un éventuel cheminement vers un tourisme éco responsable en Tarentaise Vanoise.

 

 

 

En guise d'état des lieux, Sarah Rutter, responsable du projet européen Clim'Alp Tour porté par l'Université de Savoie a exposé la démarche mené sur 23 sites pilotes répartis sur 6 pays européens. L'objectif de cette étude est d'évaluer l'impact du changement climatique sur le tourisme dans l'Espace Alpin où ses effets pourraient êtres les plus forts.
Premier constat : les sites français de l'étude (Les Gets, Val d'Isère, Les Sept Laux, Montgenèvre) ont plus de lits et de remontés mécaniques que les autres stations ... mais un taux d'occupation inférieurs.
Si globalement la planète se réchauffe, chez nous les lits sont de plus en plus froids !
Pour durer il faudra adapter l'offre : même s'il n'y a pas d'alternative qui présente une valeur ajoutée aussi forte que le ski, les stations doivent s'ouvrir à la diversité de la clientèle et proposer des séjours de découverte ou d'initiation.
Le milieu montagnard est tout à fait propice à cela et en toute saison ... à condition de préserver ce capital.
Le compte-rendu final sera rendu public à l'automne. Il faut noter que d'autres études, notamment celle de la CIPRA (Commission internationale pour la protection des Alpes), vont sensiblement dans le même sens.

Deuxième intervenant : Steward Sheppard de l'association Mountain Riders présentait la cinquième édition de son "Eco guide des stations de montagne". Le guide, qui chaque année précise et affine ses critères d'évaluation, distribue ses bons et mauvais points aux stations françaises. Enfin ... surtout des bons points ! Mais cela a permit à l'association de s'adjoindre de nombreux partenaires et d'accompagner les stations qui souhaitent améliorer leur image environnementale. Pour autant, la démarche a un beau succès, car elle permet de toucher un large public et d'avoir une certaine reconnaissance.
Un extrait : seulement 7% des stations de Tarentaise ont mis en place des offres faciles et bon marché pour se rendre en station. Et maintenant nous connaissons tous le poids du transport sur la balance environnementale du tourisme ... Pas encore ? Alors un petit surf sur www.mountain-riders.org s'impose !

Dernier intervenant de la soirée : Jean Pierre Lamic, auteur de "Tourisme durable, Utopie ou Réalité ?", de "Sports d'hiver durables, Les pistes du possible" et directeur de l'Association des Voyageurs et Voyagistes Eco-Responsables.
Jean Pierre Lamic a notamment développé la notion de compensation territoriale.
"Le voyageur ne consomme pas seulement du kérosène, mais aussi un territoire. En général il profite d’infrastructures, de chaînes de compétences, de ressources paysages, d’environnements préservés, de patrimoines culturels ... en fait tout ce qui fait l’attractivité d’un territoire, sans contribuer à sa préservation et/ou à son développement harmonieux avec l’environnement et les sociétés."
"La compensation territoriale doit permettre aux territoires et à leurs habitants de retirer de réels bénéfices et leur donner les moyens de ne pas axer tout leur développement sur le tourisme. Il ne s’agit pas seulement de réparer certaines dégradations mais aussi d’accompagner des projets. Les principaux enjeux se situent notamment autour de la formation et de l’aménagement du territoire"
Principe qui ne s'applique pas qu'aux destinations lointaines ou exotiques :
"Pourquoi le contribuable des Alpes devrait-il financer par ses impôts des investissements lourds à destination des tour-opérateurs extra-territoriaux, anglo-saxons ou autres, sans contrepartie de ces derniers, qui emploient du personnel originaire de leur pays, s’en vont une fois la saison terminé et les bénéfices empochés, et quittent définitivement le territoire dès que celui-ci est jugé non rentable par les actionnaires ?"