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Unité Touristique Nouvelle d'Aime La Plagne

JS_utnAlors qu'Aime 2000 va fêter ses 40 ans, la commune souhaite donner une nouvelle impulsion à sa station intégrée.
Le "paquebot des neiges", aujourd'hui classé Patrimoine du XXème siècle est né de la volonté des élus et du Docteur Pierre Borrione, maire d'Aime de 1959 à 1971. Leur ambition : redonner une possibilité d'éssort économique après la fermeture programmée des mines de charbons et la fin prévisible de l'extraction du minerai de plomb.
Le même scénario serait-il en train de se rejouer à nouveau ?

Entretien avec Jean-Pierre Chenu, maire d'Aime, et réactions de l'association Vivre en Tarentaise
Quelles sont les grandes lignes de ce projet ?
"C'est une évidence : aujourd'hui il n'est plus possible "d'empiler" des lits partout et nous nous devons de faire vivre ce qui existe ! Ce projet de 3500 lits qui est localisé entre les constructions actuelles permettra de redynamiser le site, de créer un lien entre les bâtiments existants et de proposer les activités ludiques et d'après-ski qui manquent à l'heure actuelle à La Plagne. 6000 m2 seront consacrés à ces activités de loisirs et de détente."
"Si on veut que la station continue à vive, et à procurer du travail à la population, il faut aller de l'avant : certains pays d'Europe sont en train de créer une nouvelle offre touristique hivernale concurrentielle dans le domaine du ski."

Il y a déjà un programme de rénovation...
"Une structure existe, nous allons la maintenir. A ce jour 160 appartements ont été rénovés. En principe, l'opération UTN en elle même devrait être neutre au niveau financier pour la commune, mais si nous avons la possibilité de dégager un solde excédentaire cela permettra d'aller encore plus loin dans la rénovation des lits existant. Le traitement paysager et les activités qui y seront proposées, été comme hiver, redonneront un attrait à la station."
La collectivité peut avoir des exigences sur le type de construction ?
"Elle le peut et elle les mettra en avant. Une construction répondant à certains critères environnementaux sera un élément déterminant dans le choix de l'opérateur."
Un calendrier est arrêté ?
"Notre dossier sera examiné par le comité UTN en septembre. Après, ce sera le choix d'un opérateur, le concours d'architecture ... Cela peut prendre du temps ! Il est vraiment difficile d'établir un calendrier précis dans ce genre d'opération et nous sommes tributaire d'un contexte économique général que nous ne maîtrisons pas."


Ce ne sont pas loin de 17 000 lits qui devraient voir le jour les prochaines années dans les stations de Tarentaise : Sainte Foy, Valmorel, La Tania, Villaroger, Vallandry, Les Arcs, Aime 2000 et Tignes.

Alain Machet - Vivre en Tatrentaise : "La presse locale s’est fait l’écho depuis plusieurs mois de nouvelles constructions envisagées dans notre vallée ... Beaucoup de personnes se posent des questions face à ces nouveaux projets. Aussi Vivre en Tarentaise se permet-elle de les poser publiquement !"

  • Le marché des sports d’hiver est-il oui ou non à maturité ? Peut-on penser sérieusement que la clientèle des sports d’hiver va augmenter ?
  • Le prix des déplacements sur de longues distances va-t-il baisser à l’avenir ?
  • Pourquoi la Tarentaise aurait-elle la particularité d’échapper à l’effet de serre ?
  • Est-il raisonnable de construire sans cesse pour compenser l’augmentation du nombre de lits « froids » ?
  • L’Etat ne devrait-il pas intervenir et proposer des outils aux communes pour favoriser la remise sur le marché locatif de ces lits froids ?
  • La construction de nouveaux lits n’a-t-elle pas pour effet de « refroidir »  certains logements moins attractifs ?
  • Quelle station peut se vanter d’avoir un taux de remplissage de 100% pour une durée supérieure à trois semaines par an ? Quel est le taux de remplissage de ces lits en été ? Cette urbanisation massive qui impacte nos paysages d’altitude n’est-elle pas un repoussoir pour la clientèle estivale ?
  • La compétition entre les différents sites n’est elle pas catastrophique en termes de consommation  de matériaux, d’énergie et d’espace ?
  • Une vallée dont l’activité hivernale dépend de plus en plus d’une clientèle fortunée n’est–elle pas en situation de grande fragilité ?
  • L’Etat après une longue réflexion et de nombreuse hésitations s’est décidé à publier un document d’urbanisme appelé DTA (Directive Territoriale d’Aménagement des Alpes du Nord) assez contraignant et ayant comme objectif de mieux gérer l’espace montagnard. Ce document a connu plusieurs moutures. La dernière a été notoirement assouplie pour tenir compte en particulier des remarques des élus savoyards. Malgré cela les élus de Tarentaise restent très hostiles à ce texte. En effet, l’Assemblée de Pays Tarentaise Vanoise (APTV) a délibéré à la quasi unanimité contre cette directive « imposée d’en haut ». S’agit-il de mauvaise foi ou  d’un choix tactique ? En tout état de cause il est permis de se demander si cette attitude intransigeante ne poussera pas l’Etat à revenir à une version plus  « dure » ?
  • Quand les revenus de nos stations seront-ils au moins partiellement mutualisés pour éviter que chaque commune ne tire la couverture à elle ?
  • Comment qualifier ce que l’on observe actuellement en Tarentaise en ce qui concerne les lits touristiques : fuite en avant, adaptation, restructuration, compétition impitoyable, incohérence ou bétonnage ?